Toute la vie est un yoga. Par ce yoga intégral, nous ne cherchons pas seulement l'Infini: nous appelons l'Infini à se révéler lui-même dans la vie humaine. Sri Aurobindo SRI AUROBINDO - YOGA INTEGRAL: Résultats de recherche pour mort

SRI AUROBINDO
. . YOGA INTÉGRAL


Les négations de Dieu sont aussi utiles pour nous que Ses affirmations. Sri Aurobindo
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C'est le Supramental qu'il nous faut faire descendre, manifester, réaliser.

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La triple immortalité

"Cette conception de la Personne et de la Personnalité, si nous l'acceptons, doit dès lors modifier nos idées courantes sur l'immortalité de l'âme; car normalement, quand nous affirmons que l'âme ne meurt pas, nous voulons dire que survit après la mort une personnalité définie et immuable qui était et restera toujours la même pour l'éternité. C'est pour le « je » très imparfait et superficiel du moment, considéré évidemment par la Nature comme une forme temporaire qui ne vaut pas la peine d'être conservée, que nous exigeons ce droit prodigieux à la survie et à l'immortalité. Mais cette exigence est extravagante et ne peut être satisfaite : la survie du « je » du moment ne peut être admise, que s'il consent à changer, à ne plus être lui-même mais un autre, plus grand, meilleur, plus lumineux en connaissance, se modelant davantage sur l'image de la beauté intérieure éternelle, progressant de plus en plus vers la divinité de l'Esprit secret. C'est cet esprit secret, cette divinité du Moi en nous qui ne périt point, parce qu'elle est non-née et éternelle. L'entité psychique au-dedans qui la représente, l'individu spirituel en nous est la Personne que nous sommes; mais le « je » du moment, le « je » de cette vie-ci n'est qu'une formation, une personnalité temporaire de cette Personne intérieure, c'est l'une des, nombreuses étapes de notre changement dans l'évolution, et elle ne sert son dessein véritable que quand nous la dépassons pour aller vers une étape ultérieure qui nous rapproche d'un plus, haut degré de conscience et d'existence. C'est la Personne intérieure qui survit à la mort tout comme elle préexiste à la naissance; car cette survie constante est une traduction, en termes de Temps, de l'éternité de notre Esprit intemporel.
 Ce que nous exigeons normalement, c'est une survie similaire de notre mental, de notre vie et même de notre corps : le dogme de la résurrection du corps témoigne de cette dernière exigence qui a été aussi à l'origine de l'effort de l'homme, à travers les âges, pour découvrir l'élixir d'immortalité ou des moyens magiques, alchimiques ou scientifiques de vaincre physiquement la mort du corps. Mais cette aspiration ne pourrait se réaliser que si le mental, la vie ou le corps pouvaient revêtir une part de l'immortalité et de la divinité de l'Esprit qui demeure au-dedans. Dans certaines circonstances, la survie de la personnalité mentale extérieure qui représente le Pourousha mental intérieur serait peut-être possible. Elle pourrait se produire si notre être mental venait à être si puissamment individualisé à la surface, si uni au mental intérieur et au Pourousha intérieur et, en même temps, si souplement ouvert à l'action progressive de l'Infini que l'âme n'aurait plus besoin de dissoudre l'ancienne forme du mental et d'en créer une nouvelle pour progresser. Seules une individualisation, une intégration et une ouverture similaires de l'être vital à la surface rendraient possible une survie similaire de la partie vitale en nous, de la personnalité vitale extérieure qui représente l'être vital intérieur, le Pourousha vital. Ce qui arriverait en réalité, c'est que le mur entre le moi intérieur et l'homme extérieur serait abattu et l'être mental et vital permanent, représentant mental et vital de l'entité psychique immortelle, gouvernerait la vie au dedans. Notre nature mentale et notre nature vitale pourraient alors être une expression progressive continue de l'âme et non un lien entre des formations successives dont l'essence seule est conservée Notre personnalité mentale et notre personnalité vitale subsisteraient alors sans dissolution de naissance en naissance; elles seraient alors, en ce sens, immortelles, survivraient en permanence, continues dans le sens de leur identité. Ce serait évidemment une immense victoire de l'âme, du mental et de la vie sur l'Inconscience et les limitations de la Nature matérielle.,
Mais une telle survie ne pourrait durer que dans le corps subtil; l'être devrait encore se défaire de sa forme physique, passer dans d'autres mondes et, à son retour, revêtir un nouveau corps. Le Pourousha mental et le Pourousha vital éveillés, conservant l'enveloppe mentale et l'enveloppe vitale du corps subtil qui sont habituellement abandonnées, retourneraient avec elles dans une nouvelle vie et conserveraient le sens vif et soutenu d'un être mental et vital permanent constitué par le passé et continuant dans le présent et l'avenir; mais la base de l'existence physique, le corps matériel ne pourrait être conservé même par ce changement. L'être physique ne pourrait durer que si, par certains moyens, ses causes physiques de déclin et de désintégration pouvaient être surmontées et qu'en même temps il pouvait être rendu assez souple et progressif dans sa structure et son fonctionnement pour pouvoir répondre à chaque changement exigé de lui par le progrès de la Personne intérieure; il devait être capable de marcher du même pas que l'âme dans la formation de la personnalité qu'il exprime, dans le long déploiement d'une divinité spirituelle secrète et dans la lente transformation du mental en divine existence mentale ou spirituelle. Cet accomplissement d'une triple immortalité : immortalité de la nature complétant l'immortalité essentielle de l'Esprit et la survie psychique à la mort, pourrait bien être le couronnement de la renaissance et une indication capitale de la conquête de l'Inconscience et de l'Ignorance matérielle jusque dans les fondations mêmes du règne de la Matière. Mais la véritable immortalité serait malgré tout l'éternité de l'Esprit : la survie physique ne pourrait être que relative, interrompue à volonté, signe temporel de la victoire de l'Esprit ici-bas sur la Mort et la Matière.

Même si la science — physique ou occulte — parvenait à découvrir les conditions ou les moyens nécessaires à une survie indéfinie du corps, mais que par ailleurs le corps ne pouvait s'adapter suffisamment pour devenir un instrument d'expression approprié de la croissance intérieure, l'âme trouverait une manière de l'abandonner et de passer à une nouvelle incarnation. Les causes matérielles ou physiques de la mort ne sont ni sa vraie ni sa seule raison d'être : sa vraie cause intrinsèque est qu'elle est spirituellement nécessaire à l'évolution d'un être nouveau."

Sri Aurobindo, La Vie Divine, Chapitre XXII: La renaissance et les autres mondes: le karma, l'âme et l'immortalité".

Les vies successives



SRI AUROBINDO « Réponses »  Textes groupés, traduits et préfacés par Jean Herbert. Ed. Albin Michel. [Extraits des Lettres vol. 1à 6]



360. — Elle (l'âme) fait tout cela (sa progression de vie en vie) de derrière un voile, ne montrant quelque chose de son Moi divin que dans la mesure où le permet l'imperfec­tion de l'être instrumental. Mais il vient un moment où elle peut se préparer à sortir de derrière le voile, à prendre la direction et à tourner toute la nature instrumentale vers un accomplissement divin. C'est le commencement de la vraie vie spirituelle. L'âme peut maintenant se rendre prête pour une évolution de conscience manifestée plus haute que l'humain mental ; elle peut passer du mental au spirituel, et à travers les degrés du spirituel à l'état supramental. Jusque-là il n'y a pas de raison pour qu'elle cesse, de naître et en fait elle ne le peut pas. Si, ayant atteint l'état spiri­tuel, elle veut sortir de la manifestation terrestre, elle peut le faire, mais il lui est aussi possible d'aller à une manifes­tation plus haute dans la Connaissance et non dans l'Igno­rance. [Lettres II, 405]

    361. — Ce n'est pas l'esprit nu, mais l'être psychique qui va se reposer sur le plan psychique jusqu'à ce qu'il soit rap pelé pour une autre vie. Il n'y a donc pas besoin d'une force qui l'oblige à reprendre naissance. Il est, par sa nature même, quelque chose que le Divin émane pour sou­tenir l'évolution et il doit la soutenir jusqu'à ce que soit accompli le but du Divin dans son évolution. [II, 405]

362. — Le mouvement de l'être psychique qui laisse tom­ber les fourreaux extérieurs en se rendant au plan psychique est le mouvement normal. [II, 410]

363. — Le choix de l'être psychique au moment de la mort n'élabore pas la prochaine formation de personnalité, il la fixe. Quand il entre dans le monde psychique, il com­mence à assimiler l'essence de son expérience, et par cette assimilation se forme la personnalité psychique future con­formément à la fixation déjà faite. Lorsque cette assimilation est terminée, il est prêt pour une nouvelle naissance ; mais les êtres moins développés n'élaborent pas tout cela pour eux-mêmes, il y a des êtres et des forces du monde supérieur qui s'en chargent. En outre, lorsque l'être psychi­que vient à la naissance, il n'est pas certain que les forces du monde physique ne se mettront pas en travers de la réa­lisation de ce qu'il voulait ; sa propre nouvelle instrumenta­tion peut ne pas être assez forte pour réussir, car il y a ici interaction entre ses propres énergies et les forces cosmi­ques. Il peut y avoir frustration, diversion, réalisation par­eille beaucoup de choses peuvent se produire. Tout cela n'est pas un mécanisme rigide, c'est le jeu de forces com­plexes.
On peut ajouter toutefois qu'un être psychique développé reste beaucoup plus conscient dans cette transition et en fait beaucoup par lui-même. Le temps dépend aussi du dévelop­pement et d'un certain rythme de l'être : pour certains il y a renaissance pratiquement immédiate, pour d'autres cela prend plus longtemps, pour d'autres cela peut prendre des siècles. Mais là aussi, lorsque l'être psychique est suffisam­ment développé, il est libre de choisir son propre rythme et ses propres intervalles. Les théories ordinaires sont trop mécaniques, et il en est de même de la conception de punya et de pâpa* et de leurs conséquences dans la vie suivante. Il y a certainement des conséquences des énergies déployées dans une vie passée, mais ce n'est pas selon ce principe assez enfantin. D'après la théorie orthodoxe, les souffrances d'un homme bon dans cette vie-ci seraient une preuve qu'il a été très méchant dans la vie passée, la réussite d'un homme mauvais serait une preuve qu'il a été tout à fait angélique lors de sa dernière visite sur terre, qu'il a fait de grandes semailles de' vertu et d'actions méritoires pour ramasser cette récolte record de bonheur. C'est trop symé­trique pour être vrai. Le but de la naissance étant la crois­sance par expérience, les réactions aux actions passées doi­vent être pour que l'homme apprenne et grandisse et non pas de l'ordre des sucettes qu'on donnait aux bons élèves' de la classe (dans la vie passée) et des fessées qu'on donnait aux mauvais. La vraie sanction pour le bien et le mal n'est pas le bonheur pour l'un et le malheur pour l'autre, mais que le bon nous conduit à une nature plus haute qui finale­ment s'élèvera au-dessus de la souffrance et que le mal nous fait descendre vers la nature inférieure qui reste tou­jours dans le cercle de la souffrance et du mal. [II, 417 sq.]

364. — En passant à travers la série de ses vies, l'être revêt diverses espèces de personnalités et traverse divers gen­res d'expériences, mais en général il ne les emporte pas à la vie suivante. Il y prend un nouveau mental, un nouveau vital et un nouveau corps. Les capacités mentales, les occu­pations, les idiosyncrasies du mental et du vital passés ne sont pas repris par le nouveau mental et le nouveau vital, excepté dans la mesure où c'est utile pour la vie nouvelle.
On peut avoir la faculté d'expression poétique dans une vie et dans la suivante ne pas avoir ce pouvoir ni aucun intérêt pour la poésie. Par contre, des tendances inhibées ou man­quées ou imparfaitement développées peuvent apparaître dans la suivante. Il n'y aurait donc rien de surprenant dans le contraste que vous relevez. L'essence des expériences pas­sées est conservée par l'être psychique, mais les formes de l'expérience et de la personnalité ne le sont pas, excepté cel­les qui sont nécessaires pour l'étape nouvelle dans le pro­grès de l'âme.
Dans le long cours de son expérience, l'être peut permet­tre pendant un temps la recherche des plaisirs sensuels et ensuite la rejeter et se tourner vers des choses plus hautes. Cela peut se produire même dans le cours d'une existence, et a fortiori dans une deuxième vie où ne sont pas transpor­tées les anciennes personnalités. [Il, 406 sq.]

365. — En ce qui concerne l'étape à laquelle l'âme qui revient renaître pénètre dans le corps nouveau, on ne peut pas donner de règle, car les circonstances varient avec les individus. [II, 413]

366. — Après la mort il y a une période dans laquelle on traverse le monde vital et l'on y vit quelque temps. C'est seulement la première partie de ce transit qui peut être dan­gereuse ou douloureuse ; dans le résidu on épuise dans un certain milieu le reste des désirs et instincts vitaux que l'on avait dans le corps. Dès qu'on en est fatigué et qu'on peut passer au-delà, le fourreau vital tombe et l'âme, au bout du temps nécessaire pour se débarrasser de quelques survivan­ces mentales, passe dans un état de repos dans le monde psychique et y reste jusqu'à la vie suivante sur terre. [II, 409]

367. — L'âme peut passer directement au monde psychi­que, mais cela dépend de l'état de conscience au moment du départ. Si à ce moment le psychique est en avant, le passage immédiat est tout à fait possible. Cela ne dépend pas de l'acquisition d'une immortalité mentale et vitale aussi bien que psychique ; ceux qui ont acquis cela auraient plutôt la faculté de se mouvoir dans les différents mondes et même d'agir sur le monde physique sans y être liés. Dans l'ensemble, on peut dire qu'il n'existe pas pour ces choses de loi rigide unique ; de multiples variations sont possibles, qui dépendent de la conscience, de ses énergies, ses tendan­ces et ses formations, bien qu'il existe un cadre et un des­sein généraux dans lesquels tout cela prend la place qui lui est réservée. [II, 411]

368. — L'état des âmes qui se retirent dans le monde psychique est entièrement statique ; chacune d'elles se retire en elle-même et n'a pas d'interaction avec les autres. Lors­qu'elles sortent de leur extase, ces âmes sont prêtes à des­cendre dans une vie nouvelle, mais en attendant elles n'agis­sent pas sur la vie terrestre. Il y a d'autres êtres qui sont gardiens du monde psychique, mais ils ne s'occupent que du monde psychique lui-même et du retour des âmes à la réincarnation ; ils ne s'occupent pas de la terre. [II, 413]

369. — Lorsqu'elle a quitté le corps, l'âme, après certai­nes expériences dans d'autres mondes, rejette sa personna­lité mentale et vitale, et va se reposer pour assimiler l'essence de son passé et se préparer à une vie nouvelle. C'est cette préparation qui détermine les circonstances de la naissance nouvelle et la guide dans la constitution d'une personnalité nouvelle et le choix de ses matériaux. [II, 408]

370. — Ces paroles ne se rapportent pas nécessairement à une naissance animale, mais il est exact qu'une croyance générale de ce genre a existé, non seulement dans l'Inde, mais partout où l'on a cru à la transmigration ou à la métempsycose. Lorsque Shakespeare parle du passage de la grand-mère de quelqu'un dans un animal, il se réfère à la croyance de Pythagore à la transmigration. Mais une fois (lue l'âme, l'être psychique, est arrivé à la conscience Humaine, il ne peut pas plus retourner à la conscience ani­male inférieure qu'il ne peut revenir dans un arbre ou un insecte éphémère. Ce qui est vrai, c'est qu'une partie de l’énergie vitale ou de la conscience ou nature instrumentale  construite peut le faire et le fait très fréquemment si elle est fortement attachée à quoi que ce soit dans la vie terrestre. Cela peut aussi expliquer certains cas de renaissance immé­diate avec pleine mémoire dans des formes humaines. En i*(.1léral, ce n'est que par développement yoguique ou par clairvoyance qu'on peut ramener le souvenir exact des vies passées. [II, 419 sq.]

371. — Il peut y avoir ce qui semble être des mouve­ments rétrogrades, mais ce ne sont que des mouvements en zigzag ; ce n'est pas une vraie rechute, c'est un retour à quelque chose qui n'a pas été épuisé afin de pouvoir mieux progresser ensuite. L'âme ne retourne pas à l'état animal, niais une partie de la personnalité vitale peut se détacher et aller vers une naissance animale pour y épuiser ses tendan­ces animales.
Il n'y a aucune vérité dans la croyance populaire d'après laquelle l'avare devient un serpent. Ce sont des superstitions romantiques populaires. [II, 409]

372. — Si le mental, la vie et le corps lui-même étaient plus conscients et malléables, la mort ne serait pas néces­saire. [II, 403]

373. — Être immunisé contre la mort provenant d'autre chose que notre volonté de quitter le corps, être immunisé contre la maladie, sont des choses qui ne peuvent être accomplies que par un total changement de conscience, changement que chaque homme doit opérer en soi. Il ne saurait y avoir d'immunité automatique sans cette réalisa­tion. [II, 404]

374. — Il ne peut y avoir immortalité dans le corps sans la supramentalisation : le pouvoir potentiel est présent dans le force yoguique et les yogins peuvent vivre deux ou trois cents ans ou plus, mais le principe réel ne peut en exister sans le Supramental.
La science elle-même croit qu'un jour on pourra triom­pher de la mort par des moyens physiques, et ses raisonne­ments sont parfaitement bons. Il n'y a pas de raison pour que la force supramentale ne le fasse pas. Sur terre les for­mes ne durent pas (elles le font sur d'autres plans) parce qu'elles sont trop rigides pour croître en exprimant le pro­grès de l'esprit. Si elles deviennent suffisamment malléables pour ce faire, il n'y a pas de raison qu'elles ne durent pas. [II, 403 sq.]

375. — C'est là une question très délicate et très difficile à aborder et l'on ne peut guère y répondre en quelques mots. En outre, il est impossible de donner une règle géné­rale, d'expliquer pourquoi il y a ces contacts intérieurs étroits suivis d'une séparation physique après la mort. Dans chaque cas, il y a une différence et pour dire ce qui était derrière la rencontre et la séparation des gens, il faudrait les connaître et être au courant de l'histoire de leur âme. D'une manière générale, une vie n'est qu'un bref épisode dans une longue histoire d'évolution spirituelle où l'âme suit la courbe de la ligne fixée pour la terre et traverse de nombreuses vies pour la parcourir complètement. C'est une évolution hors de l'inconscience matérielle à la conscience et vers la conscience divine, de l'ignorance à la connaissance divine, de l'obscurité à travers la demi-lumière jusqu'à la Lumière, de la mort à l'Immortalité, de la souffrance à la Béatitude divine.
La souffrance est due d'abord à l'Ignorance, ensuite à la séparation de la conscience individuelle d'avec la Conscience et l’Être divins, séparation créée par l'Ignorance. Lorsque cela cesse, lorsqu'on vit dans le Divin et non plus dans notre moindre moi séparé, alors seulement la souffrance peut cesser complètement.
Chaque âme suit son propre parcours et lorsque leurs lignes se croisent, les âmes voyagent ensemble pendant un temps, puis se séparent peut-être pour se retrouver de nou­veau dans la suite — pour se retrouver une fois de plus pour s'entraider d'une manière ou d'une autre dans le voyage.
Quant à la période après la mort, l'âme passe dans d'autres plans d'existence et y reste quelque temps jusqu'à ce qu'elle atteigne le lieu de repos où elle séjournera jusqu'à ce qu'elle soit prête pour une autre existence terres­tre. C'est là la loi générale, mais quant aux rapports entre âmes incarnées, c'est une question d'évolution personnelle des deux âmes sur laquelle on ne peut rien dire de général, car c'est est intimement lié à l'histoire de l'âme des deux per­sonnes et il faudrait les connaître personnellement. Voilà tout ce que je peux dire, mais je ne sais pas si cela l'aidera beaucoup, car en général ces choses ne sont utiles que lors­qu'elles pénètrent dans la conscience où elles deviennent non plus des idées mais des réalités. Alors on ne s'afflige plus parce qu'on est entré dans la vérité et que la vérité apporte le calme, la paix. [II, 423 sqq.]

376. — Le psychique n'abandonne pas les fourreaux mentaux et autres (en dehors du physique) immédiatement après la mort. On dit que, d'une façon générale, il lui faut trois ans pour se dégager de la zone où l'on peut communi­quer avec la terre, mais il peut y avoir des cas où le pas­sage est plus lent ou plus rapide. Le monde psychique ne communique pas avec la terre, ou tout au moins pas de cette façon. Le fantôme ou l'esprit qui apparaît à ces séan­ces n'est pas l'être psychique. Ce qui vient à travers le médium, c'est un mélange du subconscient du médium (j'emploie subconscient au sens ordinaire et non au sens yoguique) et de celui des assistants, des fourreaux vitaux abandonnés par les morts, ou peut-être occupés ou utilisés par un esprit ou un être vital ou le mort lui-même dans son fourreau vital ou dans quelque chose qu'il revêt pour cette occasion (mais c'est la partie vitale qui communique), des élémentaux, des esprits du monde physique vital le plus bas près de la terre, etc., etc. C'est pour la plus grande partie une effroyable confusion, un méli-mélo de toutes sortes de choses qui viennent à travers un médium de lumières grises et d'ombres « astrales ». Beaucoup de ceux qui communi­quent semblent être des gens qui sont tout juste entrés dans un monde subtil où ils se sentent entourés par une édition revue et corrigée de la vie terrestre et qui pensent que c'est là « l'autre monde » réel et définitif après la terre, mais ce n'est qu'un prolongement optimiste des idées, des images et des associations du plan humain. C'est ainsi que s'explique l'autre monde tel qu'il est décrit par les « guides » spirites et les autres êtres qui apparaissent dans ces séances. [II, 420 sq.]

377. — L'écriture automatique et les séances spirites sont des choses très mêlées. Une partie vient du mental subcons­cient du médium et une partie de celui des assistants. Mais il n'est pas vrai qu'une imagination et une mémoire drama­tisantes peuvent tout expliquer. Il y a parfois des choses qu'aucun des assistants ne pouvait savoir ou se rappeler ; il y a même parfois, bien que ce soit rare, des aperçus de l'avenir. Mais en général ces séances, etc. vous mettent en rapports avec un monde très bas de forces et d'êtres vitaux eux-mêmes obscurs, incohérents ou rusés, et il est dange­reux de s'associer à eux ou de se soumettre à leur influence. Ouspensky et d'autres doivent avoir passé par ces expérien­ces avec un esprit trop « mathématique », qui sans doute leur servait de protection, mais les empêchait d'arriver à rien de plus qu'une compréhension intellectuelle superficielle, de ce qu'elles signifiaient. [II, 421 sq.]

378. — Dans le monde, chaque personne suit sa propre ligne de destinée, qui est déterminée par sa propre nature et ses actions ; le sens et la nécessité de ce qui se produit dans une vie particulière ne peuvent être compris, excepté à la lumière du cours d'ensemble de beaucoup de vies. Mais ceux qui peuvent passer derrière le mental et les sentiments ordinaires et qui voient les choses dans leur ensemble peu­vent s'apercevoir que même les erreurs, les malheurs, les calamités sont des pas faits dans le voyage : l'âme recueille de l'expérience lorsqu'elle les traverse et les dépasse jusqu'à ce qu'elle soit mûre pour la transition qui l'emportera au-delà de ces choses en une conscience plus haute et une vie plus haute. Lorsqu'on arrive à ce croisement, on doit laisser derrière soi le vieux mental et les vieux sentiments. On con­sidère alors avec sympathie ceux qui sont encore fixés dans les plaisirs et les chagrins du monde ordinaire, et toutes les fois que c'est possible on les aide spirituellement, mais on n'a plus pour eux de l'attachement. On comprend qu'ils sont conduits à travers tous les faux pas et toutes leurs con­fiances vers la Puissance universelle qui surveille et soutient leur existence afin de faire pour eux tout ce qui est pour le mieux. [II, 425 sq.]

379. — Observez que l'idée de la renaissance et des cir­constances de la vie nouvelle comme récompense ou puni­tion de punya ou pâpa constitue une idée humaine grossière de la « justice », idée qui n'est absolument pas philosophi­que ni spirituelle et qui déforme la véritable intention de la vie. La vie ici est une évolution, et l'âme croît par l'expé­rience, élaborant par elle telle ou telle chose dans la nature, et s'il y a souffrance, c'est aux fins de cette élaboration et non pas par suite d'un jugement infligé par Dieu ou la Loi cosmique sur les erreurs ou les faux pas — qui sont inévita­bles dans l'Ignorance. [II, 414]


380. — Il y a beaucoup de gens qui ont des souvenirs nets d'une vie passée. Mais l'éducation et l'atmosphère détournent de cela, et ces souvenirs ne peuvent subsister et se développer ; dans la plupart des cas ils meurent étouffés. Il faut observer par ailleurs que ce que l'être psychique emporte avec lui et ramène, c'est généralement l'essence des expériences qu'il a eues dans des vies passées et non les détails, si bien que vous ne pouvez pas vous attendre à une mémoire analogue à celle que vous avez de la vie actuelle. [II, 411]

381. — C'est seulement si l'âme ramène une ou plusieurs personnalités passées comme partie de sa manifestation pré­sente qu'elle risque de se rappeler les détails de la vie pas­sée. Autrement ce souvenir ne peut venir que par yoga-drishti*. [II, 408 sq.]

382. — Lorsqu'il y a une nouvelle naissance, on apporte de ses vies passées tout ce qui est nécessaire, mais aussi on rassemble tout ce qui est nécessaire de la conscience terres­tre, de sorte qu'au fur et à mesure que l'on se développe on introduit également de nouveaux éléments. [III, 489]

383. — La conscience n'est pas une chose morte et mécanique que l'on peut sectionner de la sorte. L'influence héréditaire crée une affinité, et une affinité est une chose qui va loin. Ce n'est que lorsque la partie héréditaire est transformée que l'affinité cesse. [III, 489 sq.]

384. — Vous n'avez pas à vous préoccuper de vos vies passées. [III, 489]

SRI AUROBINDO 

*punya et pâpa : l’acte vertueux et le péché
*yoga-drishti : la vision yoguique

Radieuse était la splendeur de la vie à Ilion


Radieuse était la splendeur de la vie à Ilion, cité de Priam.
Trois fois à l'adresse de la cité la fanfare du destin publia son alarme solennelle,
La fanfare des trompettes appelant à l'assemblée retentit dans Ilion
A trois reprises et se tut. Des jardins et des rues, des palais et des temples, 
Chassée comme un destrier vers le son de la trompette, trouvant sa joie 
                                                                             dans la guerre et l'ambition,  
Se rassembla prestement à l'appel la démocratie haie par le ciel.
Aux premiers rangs, soutenant leur âge comme Atlas ses cieux,
Surmontés d'aigles, les cheveux blancs comme la neige sur 1'Ida,
Avançaient les sénateurs d'Ilion, Anténor et Anchise au large front,
Athamas, renommé pour les navires et la guerre sur mer, Tryas
Dont l'Oxus, fleuve oriental, se rappelait encore le nom,
Astyochès et Ucalégon, Pallachos dont les ans défiaient la mémoire, AEtor,
Aspétos qui connaissait tous les secrets divins et gardait le silence,
Ascanos, Ilionès, Alcésiphron, Oros, Arétès.
Puis venait de la citadelle, précédé par la voix des hérauts,
Priam, et venaient les fils de Priam, et Enée à la démarche de lion,
Suivis par le cœur d'une nation qui adorait sa Penthésilée.
Tout ce qui à Troie était noble, marchant devant et derrière eux,
Prenait part à la procession royale, et le martèlement rythmique de leurs pas
S'accordait aux destinées insolentes d'Ilion sous la direction de demi-dieux
Incarnés, Ilos, Phryx et Dardanos, Trôs aux conquêtes,
Trôs et Laomédon qui gouvernait jusqu'au loin et qui, dans le labeur vigoureux de son âme,
Tira sur terre les fils des cieux et fut servi par les immortels sans âge.
Dans l'agora vaste et ambitieuse assiégée par ses colonnes,  
Baignés et oints ils entrèrent, beaux et grands comme des dieux.
Enfin, en un piétinement sonore qui évoquait la clameur des vents, venait la  marée
                                                                                                                              du peuple:
Conduit par une force obscure à l'ultime et fatale session de sa colère
Accourait à grand bruit le populaire, violent et puissant ;
Des milliers de vies ardentes, portant encore dans la poitrine un coeur intact, 
Elevaient jusqu'au ciel la voix de l'homme et sa rumeur qui au loin se propage.
Chantant, portant des bannières, les jeunes gens marchaient en processions joyeuses, Avançaient sur une cadence martiale ou bien, dansant sur des pas lyriques,
Célébraient la gloire de Troie et les merveilleux hauts faits de leurs ancêtres.  
Dans l'assemblée à colonnes où ILos avait réuni son peuple,
Milliers après milliers le bruit de pas et la rumeur se déversèrent
Ils étaient rangés par tribus aux armures étincelantes, nation indomptable au coeur altier Attendant la voix de ses chefs. Quelques-uns contemplaient la grandeur de Priam,
L'ancien, éloigné de leurs jours, le dernier des dieux passagers,
Qui restait comme une âme laissée sans compagnon dans des mondes où sa force
                                                                                                                         ne vaincra pas 
Pareil à une colonne gigantesque solitaire sur un coteau désolé,
Il semblait avoir plus d'années, et de puissance, que les mortels. Un grand nombre, 
                                                                                                                                  avec colère,
Lançaient des regards hostiles là où, calme bien qu'abandonné du ciel,
Livré à son âme, à son mental lucide, qu'habitaient des pensées dorénavant stériles, 
Chef de file des quelques hommes, refroidis par la vieillesse, que la force
                                                                               de leur courage n'avait pas aveuglés, 
Etait assis le fameux Anténor, l'homme d'Etat déchu et impopulaire,
L'orateur le plus avisé de Troie, mais rejeté, lapidé, déshonoré.
Silencieux, à l'écart du peuple, il siégeait, le coeur plein de ruines.
Sourd était le brouhaha, qui s'enfla comme dans un pré le bourdonnement des abeilles Lorsque dans leur soif du miel elles pullulent sur le thym et le tilleul,
Bourdonnant et voletant par centaines, et que tout l'endroit n'est plus qu'un murmure. Alors, quittant son siège comme se dresse une tour, Priam le monarque,  
S'étant lentement levé, imposa le silence au peuple par sa vaste tranquillité
Isolé, auguste, il se tenait debout, tel un être que la mort a oublié,
Erigé comme une colonne de pouvoir et de silence dominant l'assemblée.
Ainsi s'élève jusqu'au ciel l'Olympe, seul avec ses neiges.
Ses hauteurs étaient couronnées de mèches au repos comme la masse du manteau neigeux
Qui en recouvre les contreforts géants ; ses yeux de profonde méditation,
Yeux qui voyaient maintenant la fin et l'acceptaient de même que le commencement, Fixaient la multitude du peuple comme un tableau qui peint une solennité
Il parla lentement, en homme qui est loin des décors où il séjourne :
"Chef d'Ilion, héros Déiphobos, toi qui as convoqué
Troie à travers son peuple, lève-toi ; dis pourquoi tu nous as appelés.
Que tes paroles soient de bonheur ou de malheur, tu ne peux exprimer que ceci :
la Nécessité façonne Tout ce que l'œil invisible a perçu. Parle donc aux Troyens ;
A l'aurore du jour où il prendra forme, dis quel aboutissement, la mort ou le triomphe,
Le Destin, avec sa soudaineté, assigne à ceux qui n'ont pas la vision,
                                                                                                et quelle sommation de périr 
Envoient à cette nation des hommes qui se révoltent, et des dieux qui sont hostiles."
                    S'étant levé Déiphobos parla, inférieur en stature et de carrure moindre
Que son père, et pourtant l'homme le plus fort et le plus grand qui ait marché au combat 
Ou qu'y aient porté ses coursiers depuis qu'Ajax avait été abattu au bord du Xanthe. 
"Peuple d'Ilion, tu as longtemps combattu contre les dieux et les Argiens,
Donnant et recevant la mort, mais les années traînent en longueur et la lutte est sans fin. Défaillants, tes aides cessent le combat, les nations t'abandonnent.
Lasse de la grandeur ardue, l'Asie éprise de ses aises
Souffre que le pied des Grecs foule les plages de la Troade.
Or nous nous sommes démenés et pour Troie et pour l'Asie, pour ces hommes
                                                                                                          qui nous désertent.
Ce n'est pas seulement pour nous, pour notre vie d'un moment, que nous avons combattu 
Si les Grecs venaient à triompher, et que leurs nations fussent rassemblées
Sous quelque chef qui voit loin, Ulysse, Pélée, Achille,
Il n'est pas vrai que sur les rives du Scamandre et les pourtours de l'azur égéen 
Prendrait fin, à bout de forces, la tentative audacieuse, l'entreprise titanesque :
Le Tigre franchi fuirait leurs pas, et leurs coursiers boiraient dans l'Indus. 
En ces temps où chaque soleil descend étonné que Troie tienne encore,
Souffrant, portant des coups, vivante, bien que condamnée à tous les yeux qui la voient, 
Lançant en retour la Mort de ses murs, restant de bronze sous le choc et la clameur, 
Conduit par une pensée qui est née avec le jour dans les tentes sur les grèves, 
Voici que le char du gris Talthybios attend aux portails iliaques
Et que la voix du demi-dieu hellène défie Troie l'immémoriale.
Il nous a parlé en ces termes : Ne reconnaissez-vous pas la Fatalité quand elle 
                                                                                                    marche dans vos cieux ?
Ne sens-tu donc pas ton coucher, ô soleil qui as illuminé la Nature ?
Dépossédés de vos auxiliaires, vous vous dressez seuls face au Sort funeste et face à Achille,
Abandonnés par la terre qui fut à votre service, rejetés par le ciel qui vous apporta son aide.
La mort insiste à vos portes, la flamme et l'épée s'impatientent.
Nul ne peut échapper à la roue des dieux et à ses vastes révolutions
Le Destin exige pour l'Argien ce qui a fait la joie et l'orgueil de la terre,
L'opulence de l'Asie pour la convoitise des jeunes nations barbares.
Cité divine, dont la renommée couvrait comme le toit du ciel les nations,
Descends, désormais pâlissante, dans l'ample orbite de mon rayonnement Troie,
Jointe à mes royaumes du Nord livre l'Orient à l'Hellène ;
Sois, Ilion, attelée à l'Hellade ; immense Asie, borde le Pénéos.
Faites abandon de l'incomparable Hélène, sacrifice ravissant et sans prix
Jeté par votre faiblesse et votre déclin sur l'autel colossal de la Nécessité ;
Cédez à mon ardeur Polyxène à la poitrine profonde, fille d'Hécube,
Elle que mon coeur désire. Elle vous mettra en main la paix et sa joie calmante
Des matins sans inquiétude et de la mort écartée de vos foyers.
Livrez tout cela et vivez, sinon je m'élance sur vous, précédé du Destin et suivi par Hadès.
Lié aux dieux par un serment je ne quitterai à nouveau le combat
Que lorsque s'étendra mon ombre des hauteurs de l'Ida aux Mèdes et à l'Euphrate.
Ne vous laissez pas abuser par vos victoires, échelons imaginés par la défaite ;
Soyez sourds à la voix de vos héros ; leur renommée est une trompette dans l'Hadès :
Ils sont vainqueurs aussi longtemps que mes coursiers déharnachés mâchonnent
                                                                                                                  dans leurs écuries.
La terre ne peut résister longtemps à l'homme que le ciel a choisi ;
Les dieux marchent avec lui, son char est guidé, son bras assisté.
Le défi hellène sonne fièrement, la terre attend la réponse iliaque.
Toujours le Destin de l'homme est suspendu au souffle fugitif d'un moment ;
A l'appel d'un mot, d'un geste, il s'élance, et le voilà gravé, le voilà de granit.
Parlez ! à quel geste sublime les dieux sévères reconnaîtront-ils Troie ?
Fils des anciens, race des dieux, cité inviolée,
Vais-je plus fermement empoigner mon javelot, ou bien le rejeter loin de ma main
                                                                                                                et pour toujours ?
Sondez vos coeurs, enfants de Teucer, pour savoir si vos pères les habitent encore."
 Ainsi parla Déiphobos, et la nation l'entendit en silence, 
Impressionnée par l'ombre immense de la fatalité, indignée contre la Fortune.
Anténor se leva calmement de son siège à la manière d'un lutteur, 
Dompteur dans la cage aux lions, mesurant du regard les monstres splendides 
A la crinière fauve, – et il sait que si son courage vacille,
Si son œil se trouble, ou que ses nerfs soient attaqués à l'improviste par les dieux
                                                                                                                     qui sont hostiles,
La mort s'élancera sur lui, là, dans l'arène bondée et impuissante.
 
 Sri Aurobindo,
Ilion ou LA CHUTE DE TROIE, épopée, livre II, Le Livre de l'Homme d’État (Livre un- v.73 à v.199)

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