Toute la vie est un yoga. Par ce yoga intégral, nous ne cherchons pas seulement l'Infini: nous appelons l'Infini à se révéler lui-même dans la vie humaine. Sri Aurobindo La tâche de l'État

SRI AUROBINDO
. . YOGA INTÉGRAL


Les négations de Dieu sont aussi utiles pour nous que Ses affirmations. Sri Aurobindo
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C'est le Supramental qu'il nous faut faire descendre, manifester, réaliser.

La tâche de l'État



La tâche de l'État, aussi longtemps qu'il continuera d'être un élément nécessaire à la vie et à la croissance humaines, est de fournir toutes les facilités à une action coopérative, d'éliminer les obstacles, d'empêcher les gaspillages et les frictions vraiment nuisibles (une certaine quantité de gaspillage et de friction est nécessaire et utile à toute action naturelle) et, en supprimant les injustices évitables, d'assurer à l'ensemble des individus des chances égales et justes de développement et de satisfaction, dans la mesure de leurs forces et suivant la ligne de leur nature. Jusqu'à ce point, le but du socialisme moderne est juste et bon. Mais  toute ingérence superflue dans la liberté de croissance de l'homme est nuisible, ou peut l'être. Même l'action coopérative est pernicieuse si, au lieu de chercher le bien de tous compatible avec les nécessités de la croissance individuelle (car sans croissance individuelle, il ne peut y avoir de bien réel et permanent pour tous), elle immole l'individu à un égoïsme collectif et l'empêche de trouver l'espace libre et l'initiative indispensables à l'épanouissement d'une humanité plus parfaitement développée. Tant que l'humanité n'est pas adulte, tant qu'elle a besoin de croître et de se perfectionne davantage, il ne peut pas y avoir de bien de tous statique et indépendant de la croissance des individus qui composent le tout. En fait, tout idéal collectiviste qui veut indûment subordonner l'individu, s'expose à une condition statique, soit pour son régime actuel, soit pour celui qu'il espère établir bientôt et après lequel toute tentative de changement sérieux sera considérée comme un crime de l'individualisme impatient contre la paix, la juste routine et la sécurité de l'ordre heureusement établi pour la communauté. C'est l'individu, toujours, qui progresse et oblige le reste à progresser; l'instinct de la collectivité est de rester figé dans son ordre établi. Le progrès, la croissance, la réalisation d'un être plus large, donnent à l'individu son sentiment de bonheur le plus grand ; un état statique et une aise assurée donnent ce même sentiment à la collectivité. Et ceci reste vrai tant que la collectivité est une entité physique et économique plus qu'une âme collective consciente d'elle-même.
    Il est donc tout à fait improbable que dans l'état actuel de l'espèce, une saine unité humaine puisse s'établir par un mécanisme d'État, fût-ce par un groupement d'États puissants et organisés jouissant entre eux de relations soigneusement réglées et légalisées, ou par un État mondial unique qui se substituerait à l'actuel concert de nations, mi-chaotique, mi-ordonné, et la forme de cet État mondial fût-elle un unique empire comme l'Empire romain, ou une unité fédérée. Il se peut qu'une unité extérieure et administrative de ce genre soit destinée à naître dans le proche avenir humain afin d'accoutumer l'espèce à l'idée et à la possibilité, aux habitudes d'une vie commune, mais pareille unité ne peut pas vraiment être saine, durable ni profitable pour toute l'étendue véritable de la destinée humaine, à moins que n'apparaisse quelque chose de plus profond, de plus intérieur et de plus réel. Autrement, l'expérience du monde antique se répétera à une plus grande échelle et en d'autres circonstances. L'entreprise s'effondrera, cédant la place à un nouvel âge de reconstruction dans la confusion et l'anarchie. Peut-être cette expérience aussi est-elle nécessaire à l'être humain ; pourtant, il devrait nous être possible maintenant de l'éviter si nous subordonnons les agents mécaniques à notre développement vrai en cultivant une humanité moralisée et même spiritualisée qui sera unifiée non seulement dans sa vie extérieure et dans son corps, mais dans son âme intérieure.

Sri Aurobindo , L'Idéal de l'unité humaine, Première partie 
CHAPITRE IV
L'insuffisance de l'idée d'État

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